
C'est une fragilité poétique, à la fois séduisante et dérangeante, que nous donne à voir Andréa Rocagel. Telle une araignée qui tisse sa toile méticuleusement, la minutie d'Andréa confronte deux mondes : le monde microscopique, qui l’intéresse et la fascine, et le sien, celui qu'elle s'est créée. Les formes sont seules sur le fond blanc de la feuille, et semblent flotter entre irréalité et réalité. Elles semblent familières, mais elles ne le sont pas. Elles sont autres. Détournées. Étrangères... Un rendu épuré avec des formes incertaines, mais disciplinées. De quoi s’agit-il ? Qu'est ce qu'on regarde ? Plus qu'une volonté de créer des chimères organiques, il s'agit ici d'une accumulation de gestes mécaniques, d'obsessions formelles. C’est un échantillonnage. Des formes imaginaires faites de souvenirs, de captures, de détails, de couleurs, de matières, lentement observés et capturés. Une partie des séries proposées a été faite lors d’un séjour de plusieurs années en Asie. C’est à l’autre bout du monde, perdue sur l’île de Lamma, que de nombreuses chimères sont apparues.
